28 Août 2017
Je n'y pensais plus, m'étais faite une raison.
Nous n'étions pas en phase, ni raccord. Mon désir de maternité s'est heurté à son "non" ferme et je te l'ai confié à chaud en septembre 2015 (ici), avec beaucoup de tristesse, un sorte de deuil à l'envers, comme une fêlure...
Depuis, je me suis centrée sur nos Lucioles adorées et j'ai avancé parce que je suis faite ainsi.
Peu de temps après leurs 3 ans, nous avons reçu des amis avec leur magnifique aînée et leurs petites jumelles adorables. J'ai surpris des sourires attendris. Je l'ai vu s'éclairer de l'intérieur en les prenant dans les bras. J'étais amusée et sans attente, comme une sorte d'observateur étranger. Le sujet est clos et je ne m'y attarde pas.
A leur départ, il me parle de ce bonheur de voir d'aussi jolies bébés, et lâche un minuscule pavé dans une marre tarie "les nôtres ont grandi maintenant, ce serait beaucoup plus facile. Peut-être un petit garçon cette fois?".
Je prends cela pour une boutade, une ivresse passagère causée par les yeux malicieux et les joues rebondies de deux petites filles aux allures de charmant Bouddha.
Durant le Printemps, j'ai procédé à un grand ménage en vue de permettre aux Lucioles de quitter leurs lits de bébé devenus trop petits. J'ai donc décidé de vendre sur LBC beaucoup de matériels/meubles en me disant que ces ventes permettraient d'une part, de financer leur future chambre de "Grandes" et d'autre part, d'être au clair avec moi-même : je coupe d'anciennes amarres et je file vers l'horizon, prête à accueillir tous les possibles...
Ainsi, je mets mes actions en accord avec mes propos car la question d'un BB3 m'est régulièrement posée et j'y réponds par la négative.
Je me projette donc autrement, sans contrôle, sans pression, sans exigence.
L'été arrive et le sujet revient. Je n'y accorde pas un intérêt très élevé car je suis passée à autre chose. J'ai envie de rebondir professionnellement, des opportunités s'ouvrent. Je me sens bien tels que nous sommes, chacun sa chacune. Un équilibre s'est instauré et je me suis reconnectée à moi-même.
Samedi, nous avons câliné avec bonheur une petite nièce craquante de 5 mois avec des yeux bleus immenses et... BB3 a surgit sans crier gare.
Deux ans après son "NON", je n'y suis pas à mon tour. Pas dans le mood de relancer la machine. Surtout la PMA.
Cette fois-ci, je n'en ai pas envie. Je suis parfaitement consciente que la Nature ne m'attendra sans doute pas. Mais qui peut le dire, finalement? La Nature emprunte des chemins tellement inattendus.
Pendant que je t'écris et me confesse, je n'ai toujours pas de papillons dans le ventre à cette idée. Je suis tournée vers tellement d'autres possibles, que je ne l'ai plus envisagée. Et cette question qui revient me plonge dans un sentiment étrange de "vide": comme lorsque l'on te propose de manger un plat et que tu n'as pas faim.
Une sorte de satiété pour un appétit maternel.
Cela ne signifie pas que je ne remangerai pas mais qu'à l'instant présent, mon estomac est ailleurs. Si je devais le disséquer, cet estomac, je te décrirai plusieurs sentiments entremêlés :
Alors BB3 ou not BB3 ?
BB3 est un rêve qui me mène à un croisement entre le passé compliqué et couronné d'un double bonheur avec nos Lucioles, un présent bien-heureux et équilibré, et un futur qui fourmille de possibilités comme un arbre qui s'épanouit au Printemps.
Curieusement, plus je lâche prise sur mon existence et m'apaise, plus j'observe que les choses se débloquent. La Vie est vraiment une étonnante traversée. Je respire et j'apprends.
Je fais le pari de me faire confiance et de laisser la Vie me guider, comme les fleurs d'un pissenlit cajolées par une brise d'été...